Et si vous osiez les émotions en entreprise ?

Et si vous osiez les émotions en entreprise ?

Philippe Vachet No Comment
Gestion des émotions Nos articles

Le monde du XXème siècle nous aurait-il formaté pour considérer que « les émotions, ce n’est pas une affaire professionnelle » ? Cette question, vous pouvez vous la poser dans nombre de situations :

–      Lors d’un entretien difficile : « est-ce acceptable d’être en colère au travail ? »

–       Suite à un succès d’équipe : « faut-il montrer sa joie ? »

–       Vis-à-vis d’un collègue en difficulté : « ne faut-il pas laisser ses problèmes personnels en dehors du travail ? »

Par contre, en relisant Daniel Goleman et ses travaux sur l’intelligence émotionnelle, vous réaliserez sans aucun doute comme moi que nier l’omniprésence des émotions est une erreur grossière… que nous avons tous tendance à pratiquer. Il y a bien sûr les process, les ressources, les données et tout le quantifiable, ce que notre cerveau rationnel, notre cortex plus précisément, peut facilement appréhender. Mais que faire de tout le reste ?

Nier l’importance des émotions dans nos décisions professionnelles, dans la qualité et l’efficacité des relations dans les équipes de travail, dans les relations client, c’est nier la réalité physiologique, le fonctionnement même de notre cerveau. Est-ce bien raisonnable ? Et d’ailleurs, est-ce « idéaliste » que de parler ainsi des émotions et du bien-être relationnel en entreprise ? Est-ce l’apanage des startups américaines, une tendance « bo-bo » du management ? Et si l’efficacité de l’entreprise de demain venait principalement des émotions de confiance, de satisfaction, d’enthousiasme, d’envie de vos collaborateurs ?

Je vous propose de regarder par exemple ce qu’il se passe au royaume du numérique. Google a récemment mis en lumière l’importance de l’émotion de sérénité au sein d’une équipe de travail pour permettre l’innovation et le progrès. C’est Ash Huang, dans son article pour le blog Fast Company – (https://www.fastcompany.com/40451681/the-google-memo-proves-tech-needs-more-empathy-not-less-emotion), qui commente très justement la fameuse affaire du « Memo Google » en expliquant que c’est le manque d’empathie, pas l’excès d’émotions, qui génère des comportements nocifs aux relations humaines. D’ailleurs, Google intègre dans sa stratégie fondatrice un temps dédié aux projets d’intérêts personnels, facteur de sens, de sérénité.

Cependant, cette émotion ne se décrète pas d’un coup de baguette magique dans l’entreprise. Et il ne suffit pas de mettre une salle de sport à disposition des salariés pour débloquer des sentiments de déception, de culpabilité, de crainte, de pessimisme…

Dans tout secteur et tout type d’organisation, les hommes et les femmes travaillent, prennent des décisions indirectement ou directement liées à leurs émotions.

J’aurais même tendance à relier au manque d’attention aux émotions les difficultés de recrutement souvent vécues par certaines petites entreprises industrielles qui ont un management très rationnel et focalisé sur l’efficacité mesurable rapidement, qui peut être génératrice d’anxiété pour un candidat… Alors que s’intéresser au cadre de vie, aux conditions de travail, c’est inspirer une émotion de confiance envers son employeur…

J’aurais tendance à relier aussi le manque d’attention aux émotions à l’accroissement des tensions au sein d’une structure et à l’incapacité de changement de certaines équipes. Ecouter par exemple les peurs et en tenir compte pour motiver en engager ses équipes vers le changement, c’est certes un vrai travail, mais c’est bigrement efficace non ?

Pourquoi penser que le courage en entreprise, c’est uniquement de prendre des risques financiers ou industriels ? Le courage n’est-il pas aussi d’oser intégrer sincèrement les émotions dans son organisation, dans son management, dans sa relation client ?

Travailler sur les émotions n’est pas si difficile, si complexe, si dangereux. Certes, il nécessite un minimum de sincérité pour assumer un sentiment et l’exprimer. Je vous l’accorde, la sincérité peut parfois s’avérer complexe… Et pourtant. Dans une récente émission du « Quotidien », l’invité était Jean-Pierre Pernaut, le présentateur du JT de TF1 de 13h depuis… 30 ans. L’animateur apparaît dans un mini-reportage, il assume un certain trac, une anxiété systématique au début de chaque journal. Est-ce un aveu de faiblesse ? Bien sûr que non. C’est sain.

C’est parce qu’il assume cette émotion que ses collaborateurs sont en mesure de l’aider, de l’appuyer, et d’assumer eux-même leurs inquiétudes, et contribuer à ce que chacun travaille avec les autres dans la bonne direction… s’il le fait depuis 30 ans… c’est aussi que sa sincérité est rentable pour son employeur. Et c’est là que le raisonnement strictement basé sur l’efficacité immédiatement visible et mesurable se trompe. Oui il est plus facile de mesurer l’efficacité d’un animateur aux études d’audience semaine après semaine, comme on le voit sur les matinales radios où les présentateurs vedettes jouent à la chaise musicale entre Europe1, France-Inter, RTL etc. Quel patron osera s’investir émotionnellement avec une équipe et un présentateur vedette pour non pas le juger sur l’audience au bout de quelques semaines, mais travailler avec lui pour gagner de l’audience et de l’engagement émotionnel des auditeurs ?

Oui il est plus facile également d’évaluer un commercial à sa rentabilité immédiate, à son chiffre d’affaire ou sa marge dégagée. Mais on peut aussi étudier attentivement son travail, l’image qu’il transmet de l’entreprise, la relation qu’il construit progressivement avec ses clients pour développer du chiffre d’affaires durable, sa capacité à réussir dans des situations plus complexes que certains de ses collègues qui font un gros chiffre d’affaire essentiellement grâce à quelques gros clients récurrents. On peut aussi prendre en considération la dynamique émotionnelle positive qu’un collaborateur insuffle dans votre entreprise. Le sourire qu’abordent vos opérateurs après avoir participé à une réunion commerciale ou celle d’un client après son échange avec vos collaborateurs ne se mesure pas facilement… mais je vous assure qu’il rapporte beaucoup à l’entreprise !

Alors oui, oser les émotions en entreprise n’est ni si simple, ni si compliqué. C’est oser investir sur du long terme, c’est être plus fin, plus subtile dans son management et dans sa relation client. Ce n’est pas uniquement intuitif. Cela s’apprend, se travaille, se développe. Il suffit d’oser.

Vous trouverez de nombreux coachs et formateurs dans ce domaine. Certains d’entre eux utilisent la Méthode PERCE du « Parcours Émotionnel des Relations Clients et Collaborateurs de l’Entreprise », qui focalise sur une approche simple et pratique des émotions en entreprise, en apportant du vocabulaire émotionnel pour identifier, comprendre, réguler les émotions tout au long d’une analyse des relations. La méthode PERCE et son outils phare, le « Nuancier des Emotions Professionnelles » permet de développer son intelligence relationnelle.

Un vocabulaire commun, une méthodologie d’analyse, voilà deux éléments de base qui vous permettront de lier le pragmatique de la quantité et le qualitatif des émotions, du sens, bref, de l’humain. Grâce à des formations dédiées, de nouveaux intervenants à la méthode PERCE sont formés chaque mois, pour contribuer au développement d’une nouvelle génération de managers et collaborateurs des entreprises qui « osent les émotions en entreprise ». Grâce à eux, des professionnels de tout secteur apprennent pas à pas à décrypter l’humain, à échanger autour des émotions des clients et des collaborateurs, et à élaborer une vision, une stratégie, des projets qui placent l’humain au coeur des développements. C’est ainsi, notamment, que chaque entreprise peut travailler à la construction d’une organisation autour de la sérénité. C’est ainsi, également, que l’on apprend à résoudre le sempiternel conflit du « personnel » et du « professionnel » pour se recentrer sur l’humain.

Vous aussi, osez les émotions: découvrez la méthode PERCE avec Leadwork (http://leadwork.fr).

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